Prosa
En cette fin daurore, les vagues déferlantes sévanouissent dans la baie. La tempête tropicale cède son espace à la brise légère. Le repérage à basse altitude débute pour les maîtres du ciel. Plusieurs espèces danimaux ailés scrutent la surface liquide. Tous à la recherche de leurs survies, un ballet aérien prend vie. Ils exécutent des piqués, des pointes, des vols planés, des arabesques. Sous la surface, de menus spécimens marins se tapissent entre les algues ondoyantes. Servir de repas à ces ombres menaçantes les hante.
Bien ancrée dans les sédiments, une fleur dune autre époque souvre lestement. Son pistil de fière allure attire un minuscule poisson. Celui-ci, sans le savoir, amorce la procréation. Toutes prêtes, des flûtes végétales se bercent au gré des courants. Sans fatigue et sans relâche, elles diffusent leur chant particulier venu dun autre âge.
Plus avant, vers dautres mers, des couleurs chatoyantes aux formes variées apparaissent ici et là parmi la forêt de coraux. Léden peut être un endroit où la vie abonde, douce et apaisante. Les étoiles sy promènent sans se soucier du danger. Plus loin encore, un cheval de mer sarc-boute sur le bout dune algue pour se déplacer plus rapidement. Les autres tanguent nonchalamment en regardant leurs congénères.
De temps à autre, dans un tableau, une voile diaphane surgit. Sa traîne dune longueur incomparable la suit. De contraction en contraction la méduse, berline de haut rang, danse. De par son déplacement singulier, elle méduse ses spectateurs. Elle crée la symphonie.